Quels changements pour la future PAC?

En laissant faire les marchés, la PAC actuelle se résume à une distribution de fonds publics favorisant la course à l’agrandissement des exploitations aux dépens de l’emploi, de l’environnement et de la souveraineté alimentaire, sans pour autant assurer une rémunération décente des agriculteurs. Tout en affichant des objectifs ambitieux pour mieux protéger l’environnement et lutter contre le changement climatique, les propositions de 2018 de la Commission européenne pour la future PAC ne semblent guère modifier ces grandes orientations mais donnent nettement plus de marge de manœuvre aux Etats membres dans la mise en œuvre de la PAC à travers des Plans stratégiques nationaux (PSN).

Fin 2019, la nouvelle Commission a proposé un Pacte Vert avec deux volets l’un sur l’agriculture et l’alimentation, de la ferme à la table, avec des objectifs de réduction de plusieurs intrants de 20 à 50%, l’autre sur la biodiversité, mais sans lien formel avec le projet PAC en cours. La pandémie Covid de 2020 et la crise économique qui en découle, ont conduit à un plan de relance majeur au niveau de l’Union et des pays avec une mutualisation partielle des dettes avec des moyens supplémentaires pour l’agriculture. Alors de quelle PAC parle-t-on aujourd’hui à Bruxelles et à Paris ? Prendra–t’elle en compte les priorités du nouveau contexte post 2020 ?

Pour nous aider à y voir plus clair, Gérard Choplin a fait le point sur les changements les plus significatifs du projet 2018, les négociations en cours entre le Conseil, le Parlement et la Commission et l’intégration ou non, des objectifs du Pacte vert dans la réforme PAC. Il a aussi donné son point de vue sur l’évolution du rapport de force entre les vrais réformateurs et les conservateurs, y compris dans les instances consultatives.  Lire la suite