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L’alerte à la famine… au profit des marchands de grains ?

Comment la sauvage agression de Poutine en Ukraine a donné des idées à ceux qui veulent déjà détricoter les timides avancées écologiques du Pacte Vert européen.

A lire d’urgence le billet d’humeur de notre ami André Pflimlin.

A télécharger

Guerre en Ukraine et crise alimentaire

Le site de Agronomes et Vétérinaires sans frontières publie un article dont l’écriture a été coordonnée par Philippe Collin et Frédéric Apolin. Selon eux, la guerre en Ukraine révèle les excès de la mondialisation des échanges agricoles.

La cause des crises alimentaires récurrentes qui touchent les populations urbaines les plus vulnérables et les populations paysannes réside dans la dérégulation des marchés, des spécialisations excessives des systèmes agricoles dans certains pays, au détriment des cultures vivrières et une perte conséquente de leur sécurité et souveraineté alimentaire. L’analyse claire, bien construite et détaillée contredit l’idée qu’il faudrait renoncer à l’écologie pour nourrir le monde. C’est le contraire et les solutions sont ailleurs. Pas plus que l’Europe n’a vocation à nourrir le monde. Il faut consolider la souveraineté alimentaire des pays les plus vulnérables en investissant massivement dans les transitions agroécologiques de leurs agricultures, soutenir la transformation de leurs systèmes alimentaires et protéger les marchés nationaux et régionaux.

Les auteurs reconnaissent que ni les constats, ni les recommandations ne sont nouvelles. Alors comment les faire entendre ? Nous partageons bien sûr cette interrogation (Lien vers le site d’AVSF).

Alerte Rouge au Soja Brésilien

Le Brésil est devenu le principal fournisseur de tourteau de soja de la France et de l’Europe. Or des publications récentes renforcent les critiques que suscite cette culture :  doublement du taux de déforestation depuis 2018, utilisation massive de pesticides, y compris de produits interdit dans l’UE, contamination de l’eau et des aliments  avec des seuils de résidus jusqu’à 100 fois supérieurs à nos normes, au détriment de la santé des populations rurales. Cette quasi-monoculture de soja sur des dizaines de millions d’hectares est une bombe à retardement pour le pays et pour la planète. La France et l’Europe doivent exiger des «règles de réciprocité» permettant de n’importer que du soja certifié durable.

Lire l’article très documenté de notre ami André Pflimlin.

Le futur de l’alimentation et de l’agriculture

Morgan Ody, paysanne en Bretagne, membre de la Confédération paysanne et du comité de coordination de la Coordination Européenne Via Campesina, participait à la Conférence de Coop Italia et de UniCoopFirenze à Florence, le 15 septembre dernier. Elle se tenait avant la réunion des ministres de l’agriculture du G20.

Après avoir nié la crise environnementale, les plus grandes entreprises mondiales se présentent aujourd’hui comme les porteurs du changement. Elles sont loin de contrôler la production agricole mondiale, mais elles ont l’ambition de le faire. Leur projet, c’est la convergence des Nanotechnologies, des Biotechnologies, de l’Informatique et des sciences Cognitives.

Leur prétention à prendre la direction du monde pour le « sauver » est une attaque sans précédent contre les paysannes et les paysans du monde entier. Et pour cela, elles tentent d’exercer leur influence dans les institutions internationales. Mais ce sont les paysannes et les paysans qui défendent une agriculture nourricière, basée sur la souveraineté alimentaire des peuples et en harmonie avec les milieux naturels.

Télécharger le texte de l’intervention de Morgan Ody (son blog sur Médiapart)

Choisir d’être paysan·ne aujourd’hui

Etre paysan· ne aujourd’hui sous un autre rapport au capital, au travail et à la protection sociale, une note de Emmanuel Marie (14), Mathieu Lersteau (37) et Paul Bonhommeau (44), sous l’égide de la Confédération paysanne et de la Coopérative d’Installation en Agriculture Paysanne (CIAP Pays de la Loire).

La note présente l’intérêt de la SCOP comme forme juridique de l’exploitation agricole, dans laquelle les associés ont le statut d’associé-salarié. Cette forme privilégie la rémunération du travail plutôt que l’accumulation d’un capital ou d’un patrimoine professionnel. Cela aurait pour effet de faciliter la transmission de l’outil et freinerait ainsi la concentration des structures. La protection sociale des associés serait renforcée, en particulier pour les droits à la retraite.

Mais le caractère « civil » de l’activité agricole doit être préservé par rapport à un caractère « commercial » qui faciliterait la financiarisation de l’agriculture et l’éloignerait encore davantage de sa mission de bien public. Or actuellement les SCOP ont un caractère commercial. Les auteurs proposent alors deux régimes envisageables de « SCOP agricole » (1) dérivé du GAEC et de l’EARL, (2) dérivé de la SCOP commerciale qui serait mi-commercial/mi civil. Ils discutent les avantages et inconvénients de chaque option (MR).

Cliquer pour télécharger la note

A lire et revoir

Refonder l’agriculture à l’heure de l’anthropocène

Refonder l’agriculture à l’heure de l’anthropocène Bertrand Valiorgue, Editions Le Bord de L’eau, Octobre 2020 ( 18 Euros)

Pour qui s’est intéressé aux thèmes abordés à MARS depuis un an, qui partage les orientations débattues lors de notre AG 2021 et qui compte s’impliquer dans les réflexions à venir qui en découleront, le livre de Bertrand Valiorgue tombe à point nommé. C’est écrit par un universitaire et c’est bourré de références bibliographiques, mais c’est vraiment accessible à tous.

Cet ouvrage parle bien évidemment des dégâts du système agroalimentaire développé ces 50 dernières années, mais aussi d’une possible et nécessaire « agriculture régénératrice » de biens communs, à imaginer et surtout à encourager. Beaucoup d’aspects concrets sont développés, y compris en ce qui concerne le statut juridique de l’exploitation agricole « avec la notion d’exploitation agricole à mission » ( tiens, tiens, ce statut juridique pour Danone, cher à Emmanuel Faber, semble ne pas être étranger à son éviction !) et la mise en place d’une comptabilité qui intègre les couts environnementaux d’une agriculture prédatrice, mais aussi les aménités d’une agriculture qui entretien ou « répare » les biens communs ». (JCG)

Lien vers le Cycle Agreenium « Agriculture et anthropocène » de mai-juin 2021 qui donne accès au replay des séances. Cliquer ici.