Philanthropie, Agriculture et Alimentation

Avec Didier Minot
militant associatif, auteur du livre «  A quoi sert la philanthropie ? Richesse privée, action publique ou/et mobilisation citoyenne ».

Et les témoignages de deux membres de MARS

  • Jean Claude Guesdon, pour les Restaurants du cœur
  • Jean Pluvinage, pour la Fondation Terre de liens

Séance de MARS , Mardi 1er Décembre 2020, de 18H00 à 20H00 Lire la suite

Accord UE/Mercosur : des conséquences néfastes ? Pour qui et dans quels domaines ?

Que dit le rapport Ambec remis récemment au 1er Ministre ?

Avec Philippe Chotteau
Membre de la Commission d’évaluation,
Chef du département Economie d’Idele

Séance de MARS : 4 novembre 2020 (18H00-20H00)

Après deux séances de MARS consacrées à la PAC, celle-ci s’est intéressée à un aspect de la politique extérieure de l’Union européenne, l’accord UE-Mercosur. Où en est-on et quels sont les enjeux d’une éventuelle ratification par les Etats membres, après la la seule signature de la Commission européenne et des quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay) en juin 2019. Cet accord doit encore être adopté non seulement par les instances européennes (Conseil et Parlement) mais aussi par chaque Etat membre puisqu’il s’agit d’un « accord d’association ». Ces négociations duraient depuis 20 ans.

Le Gouvernement français a, comme le candidat Macron s’y était engagé durant sa campagne en 2017, désigné une commission d’évaluation indépendante durant l’été 2019. Sous la direction de Stefan Ambec, économiste de l’environnement à l’INRAe, elle comprenait neuf membres, dont Philippe Choteau que nous avons sollicité. Le mandat de la Commission portait tout particulièrement sur les impacts prévisibles pour le développement durable des deux côtés de l’Atlantique, dans toutes ses dimensions, économiques, sociales et environnementales, avec un focus particulier sur les filières agricoles sensibles côté européen. Lire la suite

Quels changements pour la future PAC?

En laissant faire les marchés, la PAC actuelle se résume à une distribution de fonds publics favorisant la course à l’agrandissement des exploitations aux dépens de l’emploi, de l’environnement et de la souveraineté alimentaire, sans pour autant assurer une rémunération décente des agriculteurs. Tout en affichant des objectifs ambitieux pour mieux protéger l’environnement et lutter contre le changement climatique, les propositions de 2018 de la Commission européenne pour la future PAC ne semblent guère modifier ces grandes orientations mais donnent nettement plus de marge de manœuvre aux Etats membres dans la mise en œuvre de la PAC à travers des Plans stratégiques nationaux (PSN).

Fin 2019, la nouvelle Commission a proposé un Pacte Vert avec deux volets l’un sur l’agriculture et l’alimentation, de la ferme à la table, avec des objectifs de réduction de plusieurs intrants de 20 à 50%, l’autre sur la biodiversité, mais sans lien formel avec le projet PAC en cours. La pandémie Covid de 2020 et la crise économique qui en découle, ont conduit à un plan de relance majeur au niveau de l’Union et des pays avec une mutualisation partielle des dettes avec des moyens supplémentaires pour l’agriculture. Alors de quelle PAC parle-t-on aujourd’hui à Bruxelles et à Paris ? Prendra–t’elle en compte les priorités du nouveau contexte post 2020 ?

Pour nous aider à y voir plus clair, Gérard Choplin a fait le point sur les changements les plus significatifs du projet 2018, les négociations en cours entre le Conseil, le Parlement et la Commission et l’intégration ou non, des objectifs du Pacte vert dans la réforme PAC. Il a aussi donné son point de vue sur l’évolution du rapport de force entre les vrais réformateurs et les conservateurs, y compris dans les instances consultatives.  Lire la suite

«Chine : nouvelle stratégie agricole, fièvre porcine africaine et guerre commerciale avec les USA. Quels impacts sur les marchés agricoles mondiaux ?

Deux évènements récents, le conflit commercial avec les Etats-Unis et l’apparition de la fièvre porcine africaine ont mis à l’épreuve la nouvelle stratégie d’approvisionnement alimentaire chinoise…avec des conséquences qui commencent à poindre. Nous avons demandé à Jean Marc Chaumet (Groupe Economie du Betail de Idele) qui suit particulièrement l’agriculture chinoise de venir nous en parler à cette réunion de rentrée

Jean-Marc Chaumet du GEB-IDELE introduira le débat.

L’objectif de maîtrise de l’approvisionnement alimentaire s’est poursuivi tout au long de l’histoire chinoise. La Chine est devenue le premier producteur de blé, de riz, porcs, d’ovins, de pommes de terre, de pommes…mais également le 1erimportateur de soja, de riz, de produits laitiers, de viande bovine… Lire la suite

Le lait dans les montagnes de l’UE après les quotas. Stratégies, réussites et limites (Tyrol du Sud, Bavière, Auvergne, Savoie, Jura)

Présenté par : Christophe Perrot, Benoit Baron ( GEB-Idele) et André Pflimlin accompagnateur / traducteur pour les 2 missions Bavière et Südtirol.

La sortie des quotas a accéléré la divergence d’évolution des structures de production entre zones de plaines et de montagnes. Pour autant avec des tailles d’élevages qui restent petites voir très petites, le lait de montagne rémunère souvent bien ses producteurs.

En France on connait bien la belle réussite des filières fromagères des Savoie et du Jura grâce à la protection des AOP, créant une dynamique de confiance en l’avenir favorable à l’installation des jeunes. Mais pourquoi cette dynamique est t’elle beaucoup plus rare en Auvergne ? Qu’en est-il dans d’autres régions de montagne de l’UE comme le Tyrol italien ou la Bavière ? Des études récentes de Idele nous éclairent à ce sujet. Lire la suite

Analyse des résultats des Elections aux Chambres d’Agriculture de janvier 2019

Avec Maxime Bergonso et Serge Cordellier

Les résultats des élections de janvier 2019 sont désormais connus.

Dans un très intéressant dossier de la revue AGRA Presse hebdo du 7 janvier 2019 l’auteur mobilisant les analyses des spécialistes reconnus sur le sujet Serge Cordellier et Roger Le Guen formulait 10 hypothèses clés pour comprendre et analyser le scrutin à venir : Lire la suite

L’approvisionnement européen en soja interroge nos modèles d’élevage et alimentaires

Avec André Pflimlin et Michel Rieu

Des choix politiques UE-US anciens ou récents ont institué la dépendance de l’élevage au soja importé au détriment des protéines européennes. Le soja, graine, huile et tourteau, est devenu une commodité mondiale majeure. Une large part de la production voyage du continent américain à l’Europe et l’Asie. Ce marché est sensible aux aléas climatiques, mais aussi aux politiques commerciales. Avec la guerre commerciale USA-Chine et la demande croissante dans les pays de l’UE pour des produits animaux « sans OGM », le soja revient en force sur le devant de la scène médiatique et politique.

Pourquoi les citoyens-consommateurs se mobilisent-ils contre les OGM ? Leur toxicité fait controverse. Les OGM posent aussi bien d’autres questions, le droit de manipuler le génome, le modèle économique des semences OGM et la liberté de choix des agriculteurs, le système Monsanto glyphosate et cultures OGM résistantes, la déforestation importée… En bref, avec le soja, la dépendance en protéines de l’Europe participe à la dégradation de l’environnement, de la biodiversité et au réchauffement climatique via la destruction de la forêt amazonienne… Lire la suite

Le convertisseur alimentaire : un outil pour libérer les imaginaires alimentaires

Avec Christophe ALLIOT et Hugo SEGRÉ du bureau d’études BASIC

Changement climatique, pollutions environnementales, érosion de la biodiversité, artificialisation des sols, crises sociales et sanitaires… Face à l’urgence des enjeux actuels, l’alimentation durable constitue l’une des principales solutions ! 

Quels seraient les impacts si ma famille, mes voisins, mon école, mon entreprise, ma ville…ou le pays changeaient leur alimentation ? S’ils consommaient des produits locaux, des produits bio ? S’ils changeaient la composition de leurs menus ?  Lire la suite

Débats sur la future PAC post 2020 Avec Aurèlie Catallo De la « Plateforme pour une autre PAC »

Les débats sur la future PAC post 2020 sont lancés depuis près de deux ans maintenant. Les différentes parties concernées, notamment les syndicats agricoles, les ONG environnementales, les représentants des Etats, la Commission Européenne, et les partis politiques, se sont positionnés sur le sujet. A l’heure présente, dans l’attente du futur parlement et de la future commission, il est difficile de prévoir les contours et les composantes de cette future PAC et même de sa date de mise en œuvre. A ce stade, il nous apparaît néanmoins intéressant de faire le point sur les éléments actuels du débat, et sur les positions exprimées par les principaux acteurs.

Dans ce contexte, la plateforme Française « Pour une autre PAC », regroupement d’une trentaine d’organisations professionnelles agricoles, environnementales, de bien-être animal, de solidarité internationale, de santé et d’alimentation, a publié un document de travail de près de 50 pages intitulé :« Osons une vraie réforme de la PAC ! Vers une politique agricole et alimentaire commune ».

Nous avons demandé à Aurélie Catallo, animatrice de cette plateforme de nous présenter, les thèses retenues dans ce document, le pourquoi et le comment de celles-ci, la méthode de travail engagée, les principaux débats auxquels elles ont donné lieu, les divers partenariats noués en France et dans les autres pays Européens, ainsi qu’une estimation de sonaccueil politique et médiatique.

Quelle agriculture « agroécologique » Européenne en 2050 ?

L’IDDRI et le bureau d’études AScA ont réalisé une étude prospective sur ce que pourrait être une agriculture agroécologique européenne en 2050, sur le plan biotechnique. L’intérêt de ce travail est évidemment très grand au regard des enjeux environnementaux, climatiques, alimentaires, santé, sociaux et de gestion du territoire que la politique agricole se doit d’intégrer aujourd’hui et demain.

Comment ont-ils fait pour cela ? Quelles variables ont-ils privilégiées : ressources naturelles à sauvegarder, santé en lien avec l’alimentation et les régimes alimentaires souhaitables, sauvegarde et aménagement des paysages, abandon total ou partiel des désherbants chimiques, pesticides et fertilisants de synthèse, réduction des émissions de gaz à effet de serre ?

Xavier Poux, agronome et « architecte » de cette prospective nous exposera la méthodologie appliquée, les choix agronomiques et environnementaux retenus, les quantifications qui en résultent, et les premières pistes qui se dégagent en termes d’enjeux socio-politiques et économiques. En un mot, la robustesse et la cohérence de cette prospective. Lire la suite

La politique contractuelle dans les filières agricoles : moyen de régulation des marchés et de partage des marges ?

Intervenants Gérard You, Michel Rieu, Pascale Magdelaine ? (RMT économie de filières animales)

Au nom d’une plus grande adaptation aux « signaux du marché » les mécanismes de régulation existants dans le cadre de la PAC pour bon nombre de filières, ont progressivement été démantelés afin de laisser place à la bonne volonté des acteurs des filières pour mettre en place des politiques contractuelles. La sortie des quotas laitiers en 2015 avec une timide mise en place de contrats n’a pourtant pas été couronnée de succès car elle a laissé place à une spectaculaire crise en 2016. 

Cette problématique de la régulation des marchés et de partage de la valeur au sein des filières agricoles a constitué un des thèmes centraux de la réflexion des Etats généraux de l’alimentation en 2017, avec « l’injonction » de partir des coûts de production des producteurs dans la construction du prix des produits. Lire la suite

Développement d’une agroécologie silencieuse en France : Nouvelles stratégies d’agriculteurs pour gagner en autonomie via des coopérations accrues en Cuma

Présenté par : Véronique LUCAS  (à partir de sa thèse avec la FNCUMA et l’UMR INNOVATION (INRA Montpellier).

Dans son travail de recherche conduit avec la Fédération nationale des CUMA (Coopératives d’utilisation de matériel agricole), Véronique Lucas a mis en évidence une agroécologie particulière en cours de développement de manière silencieuse et peu visible parmi les agriculteurs conventionnels français.  Celle-ci résulte de nouvelles stratégies d’agriculteurs cherchant à gagner en autonomie, et qui se concrétisent via de nouveaux modes de coopération plus approfondis en Cuma.

Pourquoi les pratiques développées et analysées sont-elles qualifiables d’agroécologiques et pourquoi sont-elles silencieuses ? C’est ce que nous lui avons demandé de nous expliquer à partir de son travail de thèse récemment soutenue.  Lire la suite

Impact des pratiques et systèmes agricoles sur la dégradation de la biodiversité (quelles responsabilités et quelles évolutions envisageables ?)

La question de la responsabilité des pratiques et des systèmes agricoles dans la dégradation de la biodiversité est vaste (biodiversité animale et végétale) diverse selon les milieux agricoles et les systèmes (grandes culture élevage, plaine, montagne etc.,) et complexe compte tenu des interactions multiples, alors qu’elle est le plus souvent abordée tant au niveau médiatique que politique de façon sectorielle ou mono factorielle (ex les pesticides,) 

Nous vous proposons lors de cette séance d’y entrer de façon pragmatique  en valorisant les compétences et angles d’approches complémentaires des deux intervenants qui ont répondu à notre invitation : 

  • Philippe VIAUX   membre de l’Académie d’Agriculture, ancien ingénieurs agronome d’Arvalis s’est intéressé très tôt à la question de la durabilité des systèmes agricoles. Il est l’un des principaux réalisateurs,  au début des années 2000, de la méthode  IDEA (Indicateurs de durabilité des exploitations agricoles) permettant une première évaluation globale. Il a publié en 1999 (réédité et enrichi en 2013)  un ouvrage « Les systèmes intégrés :Une troisième  voie en grandes cultures » éditions France Agricole (Les systèmes intégrés utilisent les mêmes principes agronomiques que l’agriculture biologique sans s’interdire, si nécessaire, l’utilisation des produits chimiques de synthèse). Plus récemment il a rédigé pour l’Académie d’Agriculture un article sur « La disparition des oiseaux dans les plaines céréalières : analyse des causes et proposition de solutions » qui,  sans exclure la responsabilité des pesticides, en relativise l’importance et montre que les solutions sont à rechercher de façon plus globale. Il propose des pistes de solutions qui dépassent la stricte question des oiseaux. Nous en débattrons de leur faisabilité, technique, économique et politique.
  • Jacques LUCBERT ancien ingénieur et cadre de l’Institut de l’Elevage, aujourd’hui président  de l’association  INDRE NATURE (https://www.indrenature.net/) reliée au réseau FNE (France Nature environnement)  qui  agit de puis plus de 30 ans  dans le département et regroupe 700 adhérents bénévoles  et  huit salariés  pour conduire des actions dans le domaine de l’environnement et de la biodiversité  (connaissance des milieux de la faune et de la flore, formation, expertise et défense). C’est à ce titre de président d’une association de défense de l’environnement disposant d’une expertise reconnue que nous lui avons demandé de  nous faire part de son point de vue. Son témoignage portera principalement sur l’importance des infrastructures agro écologiques (bocage, haie  etc,  ) dans le maintien de la biodiversité mais également  sur son expérience associative quand aux  possibilités  et limite du débat et de l’action avec les diverses parties prenantes (organisations agricoles, pouvoirs publics, société civile…)

L’exposé de Philippe Viaux : Lire la suite

Territorialisation de l’agriculture et de l’alimentation au niveau local, Quel avenir ?

Intervenant : Frédéric Wallet

Actuellement une quantité d’initiatives locales se développent, à la fois les démarches institutionnelles  comme les  PAT (Programmes Alimentaires Territoriaux) dans lesquelles , beaucoup de personnes mettaient leurs espoirs  en 2016,  et qui semblent piétiner un peu aujourd’hui, et à la fois de multiples initiatives associatives ,ou privées vers ce rapprochement local producteurs/consommateurs.

Enfin  l’engagement public dans la restauration collective vers une agriculture biologique et locale, et sa mise en œuvre pratique rencontre pas mal de difficultés.  Lire la suite

Gestion des crises sanitaires en élevage et impact sur les systèmes de production

Depuis le début des années 2000, de nouvelles épizooties telles que les grippes aviaires (IAHP) et la fièvre catarrhale ovine (FCO)traversent la France.  La lutte contre ces maladies fait l’objet de controverses et est confrontée  à une baisse de l’acceptabilité sociale des moyens utilisés. 

En effet certaines méthodes préventives comme la  vaccination obligatoire ou le confinement des animaux sont souvent plus difficiles à mettre en œuvre  dans des systèmes fermiers ou de faible dimension. Leur systématisation  peut induire ou favoriser la concentration ou la  production industrielle dans un contexte où celles-ci sont  elles même  de plus en plus contestées à la fois par les éleveurs et par les consommateurs.

En s’appuyant sur les épizooties récentes des grippes aviaires et de la FCO, Barbara Dufour  et Roxane Mitralias  nous présenteront  les enjeux et risques correspondants à ces deux types de maladies et tenteront  de montrer les marges de manœuvre existantes et souhaitables entre l’impératif sanitaire à court terme et une évolution des systèmes d’élevage plus conformes aux attentes de la société.

Barbara Dufour est enseignant-chercheur à l’Ecole Vétérinaire d’ Alfort : Unité  Maladies règlementées, zoonoses et épidémiologie, après plusieurs  années passées à l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail).

Roxanne Mitralias est chargée des aspects sanitaires et des risques technologiques à la Confédération Paysanne.