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Le 14 juin 2022, 18H00-20H00

Concilier pratiques agroécologiques
et satisfaction des besoins alimentaires, c’est possible !


Avec Pierre-Marie Aubert

Coordonnateur de l’initiative « Politiques publiques pour l’agriculture européenne » à l’Iddri

Les raisons de changer l’agriculture et l’alimentation ne manquent pas. S’il est à peine utile de les rappeler ici, on peut les évoquer à grands traits :

  • L’agriculture « productiviste » et le commerce international de produits agricoles ont une contribution sensible au changement climatique : consommation d’énergie fossile, émissions de CH4 et de NOx, transports sur longue distance, déforestation importée… Mais par sa capacité à capter du CO2, processus de la production végétale, elle est aussi une partie de la solution.
  • S’il doit être limité, le changement climatique est quand même engagé et l’agriculture doit s’y préparer et s’y adapter.
  • Les techniques culturales, la transformation des paysages et le recours massif aux pesticides contribuent à l’effondrement de la biodiversité, provoquant de graves déséquilibres dans le monde vivant et faisant peser des menaces sur la santé et sur la sécurité alimentaire.
  • Une nourriture saine et équilibrée n’est pas à la portée de chaque citoyen européen et encore moins que chaque humain sur la planète.

Dès son installation en 2019, l’actuelle Commission européenne s’est mobilisée autour de ces enjeux et a initié le Pacte vert, accompagnée de « stratégies », comme « De la ferme à la table » et « Biodiversité » avec des objectifs ambitieux de réduction des émissions de GES, de baisse de l’utilisation des pesticides, de croissance de l’agriculture biologique…

Malheureusement, la réforme de la PAC a été préparée par la précédente Commission sans ces ambitions. Avec une part d’initiative importante aux États membres au travers des plans stratégiques nationaux (PSN, toujours en cours de mise au point), elle laisse s’installer des choix diversifiés. La Commission reproche au projet de PSN français son manque d’ambition et ses ambiguïtés écologiques.

Les tenants de la « vieille » agriculture et leurs lobbys ne désarment pas. Selon eux, une agriculture plus écologique ne produirait pas assez pour « nourrir le monde ». Des études (par l’USDA, l’université de Wageningen…), largement reprises, ont annoncé des baisses sensibles de la production européenne avec le Pacte vert. La guerre en Ukraine a été « instrumentalisée » pour faire suspendre l’application de certaines mesures de protection écologique, positions plutôt cyniques et aux effets plus idéologiques qu’effectifs sur la production.

La question est clairement posée : peut-on satisfaire les besoins alimentaires avec une agriculture agroécologique ? Mais la réciproque est rarement abordée dans le débat public. Où nous conduirait la poursuite des tendances de l’agriculture dominante des dernières décennies ?

Le Pacte vert européen va-t-il dans le bon sens ? Assez vite ? Assez loin ? Faut-il le défendre ?

Et pour poursuivre dans la voie changement, comment articuler les scénarios de transformation agroécologique des modes de production et les changements nécessaires des politiques agricoles et commerciales ?

Pierre-Marie Aubert coordonne l’initiative « Politiques publiques pour l’agriculture européenne » à l’Iddri (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales). Formé aux biotechniques (agronomie, foresterie) et à la sociologie politique, Pierre-Marie élabore des scénarios fondés sur le changement écologique de l’agriculture et l’alimentation. Sa présentation et sa participation au débat nous permettront de continuer à analyser les possibilités et les voies du changement.

Réunion à distance – Participation sur invitation Prendre contact ici.